Les rencontres d’AERA : RECONVERSION

Appel à communication


RECONVERSION, subst. fém.

A. Rare. Action de convertir à nouveau, de faire retrouver la foi perdue [...].

B. ÉCON., SOCIOL.

1. Transformation d’une industrie, d’une production, d’une installation, d’une technique, retour à une activité antérieure, et en partic., transformation de l’économie de guerre en économie de paix [...].

P. ext. Adaptation aux conditions nouvelles de l’économie, de la technique, de la politique; recherche d’une autre voie. Synon. transformation, mutation; conversion (moins usuel).[...].
2. Changement d’activité, de profession, supposant une formation différente et une adaptation à ces changements.[...].
C. P. ext.

1. Rare. Transformation d’une chose, retour à l’état initial.[...].

2. Adaptation d’un état d’esprit, d’une mentalité individuelle ou collective à une situation nouvelle.[...].
Étymol. et Hist. 1. 1874 « action de reconvertir à une religion » (REUSS, Rev. critique, 5 déc. ds LITTRÉ Suppl.); 2. 1877 « seconde conversion d’une rente » (J.O., 15 mars, p. 1916, 1re col., ibid.); 3. a) 1944 « action d’adapter (une industrie de guerre) à une production de temps de paix » (P. MENDÈS-FRANCE, Œuvres compl., II, p. 57 ds QUEM. DDL t. 30); b) 1945 « action d’adapter aux nouvelles conditions de l’économie (une usine, etc.) » (Sc. et Vie, n o 339, déc., p. 238, ibid.); c) 1963 « action, pour une personne, de se reconvertir dans une nouvelle profession » (Vie Lang., p. 469). Dér. de reconvertir*, d’apr. conversion*. Bbg. HAMON (Ph.). Analyse du récit. Fr. mod. 1974, t. 42, p. 151. QUEM. DDL t. 28.

TLFI (Trésor de la Langue Française Informatisé)

Lors du colloque que nous avons organisé en avril 2008 autour des termes « (Ré)appropriation / Recyclage », le mot « reconversion » a souvent été engagé. Il est apparu que l’objet d’une (ré)appropriation ou d’un processus de recyclage semble souvent soumis à une dynamique de reconversion. Voilà pourquoi cette année nous souhaitons nous rencontrer autour de ce terme qui soulève des problématiques et des questionnements qui engagent plusieurs domaines de recherche et de multiples terrains d’enquête. Cette rencontre se propose d’intégrer les apports des différentes disciplines susceptibles d’éclairer l’idée d’une reconversion.

Il y a plus d’un siècle que l’art a commencé à changer ses formes. L’arrivée de la photographie a libéré la peinture de l’esclavage de la mimesis. C’est par le peintre même que la révolution continue des formes, que nous appelons modernité, a commencé. C’est en 1913 que Marcel Duchamp expose une roue de bicyclette en tant qu’œuvre d’art. Ce geste a ouvert d’un côté la question « qu’est-ce que l’art ? » devenue ensuite « quand y a-t-il art ? » en 1977 dans l’article de Nelson Goodman « When Is Art ? ». D’un autre côté, ce geste a été une provocation envers le système institutionnel de l’art. Académies, galeries, musées, politiques culturelles et même la jurisprudence ont dû faire face à ces changements de formes. Ils ont dû remettre en cause les principes dont ils se servaient pour identifier ce que l’on appelle art. Par ailleurs, l’urbanisme, la métropolisation, la gentrification, bref, les évolutions contemporaines de la ville ne sont pas sans lien avec le monde de l’art. Au contraire, dans la pensée et dans les pratiques, les acteurs de ces deux mondes (art et aménagement urbain) se côtoient et se confondent même parfois, ils se rendent service, ou s’utilisent l’un et l’autre un peu sournoisement, ils adhèrent aux idées de l’un ou de l’autre, les rejettent, ou alors ils cherchent à s’ignorer. Comment tous ces rapports influencent la construction de l’espace urbain ? Comment des limites se créent, comment des territoires se font et se défont à l’intérieur de la ville et à l’intérieur du monde de l’art ?

Certaines pratiques artistiques se jouent du fonctionnement actuel dominé par le capitalisme. Le monde de l’art est-il en crise? Doit-il s’adapter afin d’assurer la liberté de la création? Réfléchir à l’idée d’une « reconversion » dans ce domaine revient tout d’abord à questionner ce postulat selon lequel, suite à une reconversion de l’art, le monde de l’art est / va / doit rentrer dans un tel processus. Il s’agira de discuter bien sur de l’idée de « marché de l’art » et de ses spécificités actuelles, tant du coté des institutions que de ceux des nouvelles formes d’expression émanant des créateurs, des nouveaux lieux de diffusion (réels ou virtuels), du poids, de l’influence, de la liberté de l’instance critique et de l’évaluation marchande. Sans pouvoir s’extraire de la sphère économique, l’art navigue sur un fil tendu entre la nécessité critique et novatrice (ou créative plus généralement) de toute démarche artistique et la possibilité de se faire entendre/comprendre (du public, des financeurs et des institutions publiques, du marché, de la justice, etc.). La question revient donc à observer comment le langage (au sens large de production de signes) de l’art s’adapte aux langages des autres mondes qu’il côtoie nécessairement (le langage économique, le langage juridique, le langage politique, les langages populaires) tout en les influençant et tout en gardant ses distances avec, à la fois. Comment et où se manifestent les signes d’une reconversion?

Juristes, économistes, chercheurs en sciences humaines, artistes ou autres acteurs du monde de l’art, ceci s’adresse à tous. Contactez-nous, chacune de vos communications nous intéressent!

Envoyez un résumé de votre intervention avant le 10 mars 2009.

Les actes du colloque seront recueillis pour aboutir à une publication.

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